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Par Claire
Sales @ Hosman
Lecture : 4 min
27 octobre 2026
Paris compte près de 140 000 logements vacants, soit environ un logement sur dix, et la Ville a décidé de faire payer nettement plus cher les propriétaires qui les laissent en l’état. Le Conseil de Paris a voté en juillet 2026 le doublement de la taxe sur les logements vacants, qui s’applique dès le 1er janvier 2027. Votre appartement, inoccupé depuis plus d’un an, tombe-t-il sous le coup de cette surtaxe ? Et si la vacance ne dépend pas de vous, parce qu’une succession s’éternise ou qu’un chantier traîne, devrez-vous payer quand même ? Hosman détaille ici les taux, le calcul, les exonérations et les démarches de la surtaxe des logements vacants à Paris.
L’article 108 de la loi de finances pour 2026 a créé la taxe sur la vacance des locaux d’habitation (TVLH), qui entre en vigueur le 1er janvier 2027 et remplace la taxe sur les logements vacants (TLV), en place depuis 1999. Ce qui change surtout, c’est la destination de l’argent : les communes et intercommunalités (EPCI) qui appliquent la taxe en perçoivent désormais directement le produit.
La Ville de Paris présente d’ailleurs cette taxe comme le fruit de sa mobilisation, menée avec de nombreuses collectivités qui voyaient la vacance augmenter sans outil efficace pour la freiner.
Deux conditions cumulatives s’appliquent : le logement est vacant depuis au moins un an au 1er janvier de l’année d’imposition, et il se trouve dans une commune où l’offre de logements ne suffit pas à répondre à la demande, ce qu’on appelle une zone tendue. Paris en fait partie, sans surprise.
La taxe vise les logements d’habitation non meublés ; votre résidence secondaire meublée, déjà soumise à la taxe d’habitation sur les résidences secondaires (THRS), reste donc en dehors.
Selon l’INSEE, Paris compte 139 075 logements vacants hors résidences secondaires, soit environ 10 % du parc de logements. Tous ne sont pas disponibles du jour au lendemain : certains attendent des travaux, d’autres restent pris dans une succession ou un litige. La municipalité estime pourtant qu’une bonne partie peut de nouveau loger des Parisiens, et vise la remise sur le marché d’environ 20 000 logements, à la location comme à la vente.
La loi autorise les communes à relever les taux par défaut. Paris a saisi cette possibilité en juillet 2026, avec un message clair pour les propriétaires : un logement laissé vide coûte cher dès la première année, et deux fois plus cher la suivante.
L’administration fiscale (DGFiP) part de la valeur locative cadastrale (VLC) de votre bien, une estimation du loyer annuel théorique qu’il peut rapporter. C’est la même base que pour la taxe foncière, sans le moindre abattement, si bien que le calcul tient en une multiplication : VLC × taux.
La loi fixe un taux de 17 % pour la première année d’imposition, puis de 34 % à partir de la deuxième, et laisse chaque commune les relever jusqu’à un plafond. Paris a choisi d’aller jusqu’au bout : 30 % la première année, 60 % ensuite.
La Ville a chiffré elle-même le cas d’un appartement vide de 30 m² dans le 17e arrondissement : son propriétaire payait environ 790 € avant la réforme, il réglera 1 400 € en 2027, puis 2 800 € par an à partir de 2028, soit plus de 230 € par mois pour un bien qui ne rapporte rien.
Sur un 60 m² dont la valeur locative cadastrale atteint 9 000 € (un montant retenu ici à titre d’illustration), l’écart se creuse encore : 1 530 € avec l’ancien taux de 17 %, 2 700 € en 2027, puis 5 400 € dès 2028, soit environ 450 € par mois. Dans les deux cas, la facture annuelle fait plus que tripler en deux ans.
La taxe entre en vigueur le 1er janvier 2027, et c’est la situation de votre bien à cette date qui compte. La première année d’imposition se calcule au taux de 30 %, avec des premiers avis d’imposition attendus à l’automne 2027 ; si le logement est toujours vide l’année suivante, le taux passe à 60 % dès 2028.
Au 21 octobre 2026, date de rédaction de cet article, il reste un peu plus de dix semaines avant l’échéance. C’est court pour trouver un locataire ou signer une vente, mais assez pour publier une annonce au prix du marché, l’un des cas d’exonération détaillés plus bas.
La Ville le reconnaît sans détour : on ne choisit pas toujours de laisser un logement vide. Elle maintient donc les exonérations existantes, qui couvrent les situations suivantes :
- une succession ou une procédure judiciaire qui bloque le bien ;
- des travaux lourds, indispensables pour rendre le logement habitable ;
- une annonce de vente ou de location au prix du marché, restée sans preneur ;
- un local qui n’est pas à usage d’habitation ;
- une occupation d’au moins trois mois dans l’année
Taxer n’est pas le but premier de la Ville, qui veut surtout voir ces appartements de nouveau habités. Elle propose aux propriétaires de biens vacants des aides pour financer les travaux et un appui pour trouver un locataire, avec des garanties contre certains risques locatifs.
Si la location ne vous tente pas, reste la vente, que la Ville encourage au même titre. Tant que votre bien est en vente au prix du marché sans trouver d’acheteur, il échappe à la taxe ; encore faut-il que le prix affiché corresponde réellement au marché, faute de quoi l’exonération ne tient pas face à l’administration fiscale. Une estimation immobilière réalisée avant de publier l’annonce reste le moyen le plus simple de vous couvrir sur ce point.
Quels travaux réaliser pour augmenter son prix de vente - Découvrir l’article
Dès le 1er janvier 2027, le propriétaire d’un logement parisien vide depuis au moins un an paiera 30 % de sa valeur locative cadastrale, puis 60 % à partir de la deuxième année ; pour le 30 m² du 17e cité par la Ville, la note passe d’environ 790 € à 2 800 € par an en 2028. Si votre logement est vide malgré vous (succession, procédure judiciaire, gros travaux, annonce au prix du marché restée sans réponse), vous restez exonéré, à condition de le déclarer dans « Gérer mes biens immobiliers ». Dans tous les autres cas, servez-vous des dix semaines qui restent pour trancher entre louer et vendre.
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