La crise sanitaire a largement impacté de nombreux secteurs économiques, qu’en est-il des conséquences de cette dernière sur le secteur immobilier ? 

Le nombre de biens à vendre augmente et les prix restent stables à Paris


Le confinement a bel et bien engendré un ralentissement au sein du secteur immobilier. On a notamment pu constater une diminution du nombre de compromis signés et un report de nombreux projets de ventes et d’achats. Cependant, la fin du confinement a surtout marqué le retour sur le marché de nombreux vendeurs et acquéreurs qui ne semblent pas avoir abandonné leur projet immobilier. La reprise se confirme avec une augmentation de 22% du nombre d’annonces de biens à vendre entre les mois de mai et juin 2020. 
Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, les prix de l’immobilier n’ont pas reculé en région parisienne et le marché parisien reste, malgré la crise sanitaire, un marché très tendu. Les prix restent dans l’ensemble très stables à Paris depuis le déconfinement. En ce qui concerne l’île de France, on constate une évolution des prix plutôt à la hausse. Cette tendance s’explique par le changement des attentes des ménages qui favorisent désormais les achats de biens possédant de plus grands espaces, ou encore un balcon, une terrasse, ou un jardin. La banlieue attire désormais de plus en plus d’acheteurs. 

Des acquéreurs toujours présents malgré un taux d’attentisme qui a augmenté 


Même si certains acquéreurs ont préféré reporter leur projet d’achat suite à la crise sanitaire, ce n’est pas le cas pour la grande majorité d’entre eux. En effet, 90% des acquéreurs ont choisi de maintenir leur projet d’achat immobilier. Le covid-19 ne semble donc pas démotiver les ménages qui souhaitent acquérir un bien immobilier. Si leur envie d’achat est toujours présente, la crise sanitaire a tout de même impacté le pouvoir d’achat de certains ménages. Cependant, selon une étude menée par Je rêve d’une maison, on constate que seulement 11% des ménages parisiens ont décidé de réduire leur budget, quand plus de 70% maintiennent le même budget qu’avant le confinement, voir même le revoient à la hausse. 

Des arrondissements qui ont le vent en poupe 


La fin du confinement semble plus favorable pour certains arrondissements parisiens. En effet, on observe une forte augmentation du nombre d’annonces de biens à vendre dans certains des arrondissements les moins chers de la capitale. Par exemple, au mois de juin 2020, on a pu constater une augmentation de 40% de biens à vendre dans le 20ème arrondissement. Pour rappel, le 19ème et le 20ème sont les deux arrondissements de Paris où le prix au mètre carré est actuellement le moins cher. 

Resserrement des conditions d’octroi d’un crédit immobilier et augmentation des taux  

 
Les conséquences économiques de la crise sanitaire vont se faire ressentir au cours des mois à venir. En tant qu’acteurs majeurs de l’économie, les établissements bancaires vont donc devoir être très vigilants. Les conditions très favorables d’octroi de crédit immobilier risquent de se resserrer au cours des mois à venir. Les primo-accédants et les jeunes ménages risquent de subir les conséquences de ce resserrement des conditions. Les taux semblent suivent actuellement une tendance plutôt à la hausse. Cependant, les futures décisions des banques centrales sont à suivre de près car elles vont largement influencer l’évolution des taux. Au vu des conditions actuelles, la période est pour le moment encore favorable à la vente de biens immobiliers. 

La question des marges de négociation


Malgré un marché qui reste dynamique, on observe tout de même une diminution du nombre d’acquéreurs sur le marché. Ce qui octroie à ces derniers une plus grande marge de manoeuvre en ce qui concerne la négociation du prix d’achat d’un bien. En effet, les marges de négociations ont actuellement tendance à être revues à la hausse, notamment concernant les biens situés dans la fourchette haute de prix. Cependant, il est important de garder en tête que Paris et l'Île de France sont les zones de France où le marché immobilier est le plus tendu. La demande reste malgré tout largement supérieure à l’offre et, bien qu’actuellement à la hausse, les marges de négociations dans ces zones restent beaucoup plus faibles que dans d’autres régions. 


Malgré la crise sanitaire, le marché de l’immobilier semble donc résister aux difficultés et suivre une évolution positive. Pour le moment, les opérations d’achats et de ventes gardent globalement leur fluidité, ce qui rend le marché toujours autant dynamique. Le contexte post covid-19 est donc encore un bon timing pour vendre. En effet, une étude réalisée par SeLoger au mois de mai 2020 valide cette hypothèse en estimant que 37% des français pensent que c’est un bon moment pour vendre.